mercredi 5 mars 2014
mercredi 26 février 2014
mercredi 19 février 2014
mardi 4 février 2014
Serge Latouche se met à table au Remue-Méninges
Mon premier article pour Pourparlers, à lire ici.
Libellés :
Pourparlers
lundi 6 janvier 2014
La jeune fille de la photo
| © Juan Guzman / EFE |
Il s'agit sans doute de l'une des photographies les plus plus emblématiques de la Guerre civile espagnole. Nous sommes en juillet 1936, quelques jours seulement après le soulèvement franquiste. Une jeune fille de 17 ans pose fièrement sur le toit de l'hôtel Colón, à Barcelone, fusil à l'épaule.
C'est la première et dernière fois qu'elle porte une arme. Membre du PSUC (Parti socialiste unifié de Catalogne), elle participera à la guerre en tant que traductrice et journaliste. "Nous étions journalistes et notre métier c'était de faire en sorte que le moral ne baisse pas."
Après la défaite du camp républicain, elle se réfugie en France où elle retrouve ses parents, après avoir perdu son compagnon, décédé lors du passage des Pyrénées. Fuyant l'occupation nazie, ils partent pour l'Amérique Latine. Réfugiés en République Dominicaine, la dictature de Trujillo les contraint une nouvelle fois à l'exil.
Comme pour des milliers d'Espagnols, la défaite de l'Allemagne nazie représente pour elle un immense espoir : la fin de la dictature franquiste et le retour de la République.
Franco et son régime survivront 30 ans.
Aujourd'hui, l'Espagne est une monarchie dont le roi a été désigné par le dictateur lui-même.
Aujourd'hui, la jeune fille de la photo est décédée à Paris.
Elle avait 94 ans.
Elle s'appelait Marina Ginestà.
Libellés :
Espagne,
Franco,
Guerre civile,
Marina Ginestà
mardi 31 décembre 2013
#EZLN20años
Il y a tout juste 20 ans, le 1er janvier 1994, l'EZLN (Armée zapatiste de Libération nationale) se soulevait au Chiapas, dans le sud du Mexique. La journaliste mexicaine Carmen Aristegui consacre une page spéciale à cet événement sur son site.
vendredi 11 octobre 2013
Le Knight Center for Journalism in the Americas propose un nouveau cours en ligne, en espagnol : "Herramientas digitales para periodistas: de la web a los móviles" ("Outils numériques pour journalistes : du web aux mobiles").
Il existe de plus en plus d'outils numériques pour faciliter et améliorer le travail des journalistes, mais il est difficile de discerner quels sont les plus utiles, où les trouver et comment les utiliser.
C'est pour cette raison que le Knight Center organise, du 21 octobre au 24 novembre, le cours en espagnol "Herramientas digitales para periodistas: de la web a los móviles". Le cours sera donné par Sandra Crucianelli, journaliste argentine spécialisée en data-journalisme, et basé sur la nouvelle édition de son livre "Herramientas digitales para periodistas".
"C'est l'une des questions que les journalistes d'Amérique Latine nous posent avec le plus d'insistance : quels sont les outils numériques qui peuvent aider les reporters dans leur travail", déclare Rosental Alves, fondateur et directeur du Knight Center. "Nous sommes très contents que Sandra Crucianelli soit de retour avec une nouvelle génération d'outils numériques que les journalistes pourront utiliser non seulement sur leurs ordinateurs mais également sur leurs dispositifs mobiles."
Le cours de cinq semaines sera axé sur les nouvelles ressources qui sont apparues ces deux dernières années afin d'aider les journalistes à faire leur travail sur Internet. Les étudiants sélectionnés devront payer une inscription de 90 dollars.
Pour Sandra Crucianelli, "l'utilisation des téléphones intelligents et des tablettes rend nécessaire une révision des outils traditionnels et une introduction aux nouveaux lancements en la matière afin que les reporters disposent d'un kit de ressources complet, que ce soit pour rapporter des informations ou pour préparer des reportages d'investigation".
Avec ce cours, les élèves apprendront comment améliorer leur sécurité informatique, connaîtront de nouveau moteurs de recherches, accèderont aux nouvelles plateformes de gestion de documents, auront une introduction aux bases de données, apprendront comment fonctionnent les news applications, bénéficieront de conseils sur la manière d'optimiser leur présence sur les réseaux sociaux et découvriront de nouvelles façons d'utiliser l'audio, la vidéo, l'image et autres contenus multimédia.
Le cours sera divisé en modules hebdomadaires qui comprendront des présentations multimédia et des liens vers des ressources en ligne. Les élèves pourront réaliser la plupart des activités aux moments de leur choix. Le cours, qui comprendra également des discussions en ligne et des exercices additionnels, nécessitera un investissement de 6 à 8 heures par semaine.
Sandra Crucianelli est une journaliste spécialisée dans le journalisme d'investigation, le journalisme de précision et le data-journalisme. Depuis 2004 elle a donné plusieurs cours dans le cadre du programme d'enseignement à distance du Knight Center. Le dernier en date, "Introduction au data-journalisme", a attiré près de 4 000 étudiants de 60 pays.
Elle est également membre du Centro de Periodismo Digital de l'Université de Guadalajara (Mexique), de l'International Center for Journalists, professeur du Media Center de l'Université internationale de Floride (FIU) et a fondé SoloLocal.info, un média local en ligne.
Le Knight Center for Journalism in the Americas a été créé en 2002 par Rosental Alves, professeur de la Faculté de Journalisme à l'Université du Texas à Austin.
Libellés :
journalisme,
Knight Center
mardi 8 octobre 2013
Euskal Herria (photos)
Sélection de photos prises au Pays Basque entre 2007 et 2010. Ce document est publié sous licence Creative Commons BY-NC-ND.
Libellés :
Euskal Herria,
Pays Basque,
photographie
Lostine transleillechione #2
J'avais donné ici un exemple des joies de la traduction automatique. À l'heure où la sublime série "Breaking Bad" vient de s'achever, voyons la traduction que Google Translate et Systran proposent de ce titre. Entre les deux, mon cœur balance :
En bonus, deux petites photos prises dans un camping de Navarre et à Roncevaux :
Libellés :
Ortaugraf,
Traduction
mercredi 22 mai 2013
Arrestation du photojournaliste Raúl Capín
Traduction de l'article de Marta G. Franco et Diego Sanz Paratcha publié par "Diagonal Periódico"
Mise à jour à 19 h 30 suite à l'arrestation d'un autre photographe
Les photojournalistes Raúl Capín et Adolfo Luján ont été arrêtés chez eux pour être entendus. La police accuse le premier d'avoir agressé des policiers pendant des manifestations et le deuxième de diffuser des diffamations sur les réseaux sociaux.
![]() |
| Raúl Capín lors d'une manifestation en avril | Photo : Juan Martín Zarza |
Le photojournaliste Raúl Capín, photographe freelance et collaborateur régulier de Diario Independiente Digital et Mundo Obrero, a été arrêté en milieu de journée ce mercredi à son domicile à Madrid, pour troubles à l'ordre public et outrage, d'après des personnes qui ont pu entrer en contact avec lui par l'intermédiaire du Collège des Avocats. Capín a été conduit au commissariat de Moratalaz (Madrid) et a été entendu vers 17 heures. Un deuxième photojournaliste, Adolfo Luján, qui prend lui aussi des photos des mobilisations et les diffuse sur Internet, était arrêté à peu près à la même heure.
Selon les mêmes sources, Raúl Capín a été arrêté par des agents du groupe 21 de la police nationale, spécialisé dans l'information sur les activités des mouvements sociaux. "Tout porte à croire que son arrestation a un lien direct avec son activité professionnelle. Raúl est un photographe qui couvre les actions des mouvements sociaux et il est là quand il se passe quelque chose", expliquent-ils.
La préfecture a informé les médias que Capín est accusé d'avoir agressé des policiers durant les manifestations du 23 février et du 25 avril. Luján (@Popicinio sur Twitter) a été arrêté pour avoir calomnié la police sur les réseaux sociaux.
Devant le commissariat, l'avocat de Raúl a confirmé qu'il a été interrogé sur ces deux journées et qu'il passera la nuit en garde à vue. Adolfo est assisté par un avocat commis d'office. On ne connaît pas d'autres détails sur sa situation. Amis et collectifs proches des deux photojournalistes sont restés rassemblés devant le commissariat et ont été identifiés par la police.
Selon les mêmes sources, Raúl Capín a été arrêté par des agents du groupe 21 de la police nationale, spécialisé dans l'information sur les activités des mouvements sociaux. "Tout porte à croire que son arrestation a un lien direct avec son activité professionnelle. Raúl est un photographe qui couvre les actions des mouvements sociaux et il est là quand il se passe quelque chose", expliquent-ils.
La préfecture a informé les médias que Capín est accusé d'avoir agressé des policiers durant les manifestations du 23 février et du 25 avril. Luján (@Popicinio sur Twitter) a été arrêté pour avoir calomnié la police sur les réseaux sociaux.
Devant le commissariat, l'avocat de Raúl a confirmé qu'il a été interrogé sur ces deux journées et qu'il passera la nuit en garde à vue. Adolfo est assisté par un avocat commis d'office. On ne connaît pas d'autres détails sur sa situation. Amis et collectifs proches des deux photojournalistes sont restés rassemblés devant le commissariat et ont été identifiés par la police.
Signalement dans la presse
Capín avait été désigné par la presse conservatrice comme un prétendu provocateur extrémiste infiltré dans les manifestations. Le 17 avril, le journal ABC publiait un article signé Carlos Hidalgo - chroniqueur spécialisé en "sources policières" - affirmant que la police enquêtait sur des "radicaux de gauche" qui "participent à des manifestations et des protestations de rue en s'abritant derrière de fausses accréditations de presse". Dans sa version papier, l'article était accompagné de trois photographies de Raúl, le visage flouté, au milieu d'autres photojournalistes qui, eux, ne l'étaient pas.
Quatre jours plus tôt, El Mundo et La Razón publiaient en une des images de la manifestation de la PAH (Plateforme des Victimes de l'Hypothèque) devant le domicile du président du Congrès, Jesús Posada, sur lesquelles il apparaissait également, en l'identifiant comme manifestant et non comme journaliste. Mundo Obrero a dénoncé la manipulation et Juan Ramón Robles a réalisé cette vidéo sur les intimidations dont ont été victimes les journalistes :
Le 1er mai, alors qu'il couvrait une manifestation antifasciste, la police l'a à nouveau identifié. Sur cette vidéo de Jaime Alekos, on peut voir à 2 mn 05 le dialogue entre le journaliste et un officier de police qui refusait d'accepter son accréditation. "Tu me laisses tes papiers, parce que tu n'es pas journaliste." Capín lui a tendu son brassard du Collège des Journalistes de Barcelone, ce à quoi l'officier a répondu : "Ça ne vous accrédite pour rien du tout. Vous vous faites passer pour un journaliste. Vous me donnez vos papiers comme n'importe quel citoyen".
En juillet 2012, le photojournaliste avait été agressé par des CRS tandis qu'il photographiait une manifestation de mineurs à Madrid.
Participation à une plateforme d'informateurs
Raúl participe actuellement à la création d'une plateforme d'informateurs (sans distinction entre professionnels et activistes) pour agir conjointement contre la répression policière qu'ils subissent lors qu'ils couvrent des expulsions, des rassemblements et des manifestations à Madrid. Des médias alternatifs qui sont en train de s'y joindre ont signé un communiqué de soutien. Dans la même lignée, le collectif Fotogracción diffuse un autre texte qui définit Capín comme un "témoin gênant" pour les agissements des autorités.
Des personnes collaborant à des projets comme Toma La Tele, Audiovisol, Tele K et Diagonal ont dénoncé une augmentation des intimidations de la part de la police ces derniers mois, tandis que le ministère de l'Intérieur insiste sur le fait qu'ils doivent porter un gilet permettant de les identifier, gilet que seul les membres de l'ANIGP-TV (Association nationale des Informateurs graphiques de Presse et de TV) ou de la FAPE (Fédération des Associations de Journalistes d'Espagne) peuvent obtenir. Pour pouvoir entrer dans ces associations, il faut être employé comme journaliste, ce qui empêche les activistes ou les freelances occasionnels d'en faire partie.
Des personnes collaborant à des projets comme Toma La Tele, Audiovisol, Tele K et Diagonal ont dénoncé une augmentation des intimidations de la part de la police ces derniers mois, tandis que le ministère de l'Intérieur insiste sur le fait qu'ils doivent porter un gilet permettant de les identifier, gilet que seul les membres de l'ANIGP-TV (Association nationale des Informateurs graphiques de Presse et de TV) ou de la FAPE (Fédération des Associations de Journalistes d'Espagne) peuvent obtenir. Pour pouvoir entrer dans ces associations, il faut être employé comme journaliste, ce qui empêche les activistes ou les freelances occasionnels d'en faire partie.
vendredi 25 janvier 2013
El País et la fausse photo de Chávez
Le célèbre quotidien espagnol vient de commettre la plus grosse bourde de son histoire en publiant une photo de Hugo Chávez qui n'en était pas une
Comment un média "sérieux" a-t-il pu commettre une telle bourde ? Comment
des professionnels de la profession - en général si prompts à dénigrer les
blogueurs et autres "journalistes amateurs" - ont-ils pu publier une photo
sans même en connaître la source ni vérifier la véracité de l'information ?
La course au scoop a encore frappé et fait des ravages. El País
annonçait ce 24 janvier sur son compte Twitter qu'il publiait "une image
inédite et exclusive qui montre un moment du traitement médical de Hugo Chávez
à Cuba".
Sur la photo en question, on peut voir un homme intubé, sur une table
d'opération. À la vue de cette image, une première question vient à l'esprit :
un journal, d'autant plus un grand quotidien d'information, peut-il diffuser
une telle image ? N'y a-t-il pas une atteinte à la dignité de la personne,
qu'il s'agisse de Chávez ou de qui que ce soit ? Une telle image apporte-t-elle
une quelconque information digne d'intérêt pour les lecteurs ? Mais lorsqu'on
lit le court article qui accompagne cette photo, d'autres questions se posent.
"El País n'a pas pu vérifier les circonstances dans lesquelles la photo a été prise, ni le moment précis, ni le lieu."
El País n'est-il pas en train de se contredire ? S'il n'a pu vérifier
ni "les circonstances dans lesquelles la photo a été prise, ni le moment
précis, ni le lieu", comment peut-il affirmer que la photo a bien été
prise à Cuba par exemple ? Ou encore qu'elle l'a été il y a quelques jours ?
Elle pourrait très bien avoir été prise il y a de cela plusieurs semaines,
voire plusieurs mois, au cours d'une précédente hospitalisation.
El País explique ensuite :
"Les particularités politiques de Cuba et les restrictions de l'information qu'impose le régime ne l'ont pas permis."
S'il est évident que le régime castriste verrouille l'information et ne rend
pas la tâche facile aux journalistes, El País ne cherche-t-il pas par
cette phrase à se dédouaner d'éventuelles protestations ? Cette formulation
revient finalement à dire que si le journal n'a pas appliqué les règles de base
de la profession (rechercher les sources, vérifier l'information avant de la
publier), ce n'est pas de sa faute mais de celle du régime cubain ! Comme l'écrit très justement Iñigo Sáenz de Ugarte sur son blog, "Si on ne peut pas vérifier la véracité d'une information, on ne doit pas
la publier. C'est aussi simple que ça".
Vient ensuite une autre question, la plus importante : l'homme de la photo
est-il bien Hugo Chávez ? Et c'est là que les internautes (journalistes ou pas)
vont faire le travail d'El País à sa place. La photo n'en est pas une.
Il s'agit en réalité d'une image extraite d'une vidéo postée sur YouTube en 2008.
Panique à El País qui supprime son tweet, l'article avec la photo et publie un communiqué sur son site Internet.
"La photo est restée sur le site Internet du journal environ une demi-heure."
Cela signifie donc que, là où le journal n'a pas été capable de vérifier la
véracité de l'information, il a fallu moins d'une demi-heure à d'autres pour le
faire.
Quelques heures avant cette affaire, Pedro J. Ramírez, directeur d'El
Mundo, publiait ce tweet :
Ah, por cierto, ayer nos quisieron vender una foto de Chavez entubado. Dijimos no. Cuando la veaís en otro medio ya diréis si acertamos."Hier on a voulu nous vendre une photo de Chávez intubé. Nous avons dit non. Quand vous la verrez dans un autre média, vous nous direz si nous avons eu raison."
— Pedro J. Ramirez (@pedroj_ramirez) 23 janvier 2013
Dans la journée, suite aux nombreuses questions qui lui étaient posées, il
expliquait les raisons qui avaient conduit son journal à refuser d'acheter la
photo. L'agence leur aurait demandé 30 000 €. Il demande alors à Iñaki Gil, le
directeur adjoint, d'essayer d'en savoir un peu plus. Renseignements pris, elle
aurait été prise il y a une semaine environ "mais ils ne donnent pas de
détails. Quant au prix, ils disent que nous pourrions partager avec Paris-Match". Finalement, la direction du journal décide de ne pas acheter la photo,
entre autres raisons parce qu'il n'y a aucune preuve de son authenticité et parce que "Chávez aussi a sa dignité".
Mais le plus drôle reste à venir : la photo devait être publiée en une de
l'édition du 24 janvier, accompagnée du titre "Le secret de la maladie de
Chávez". Après ce fiasco, El País s'est vu obligé de suspendre la distribution
du journal en kiosques et de réaliser une nouvelle édition. Si, avec ce scoop
qui n'en est pas un, le quotidien pensait faire une bonne affaire, c'est bien
le contraire qui se passe, en termes financiers mais surtout de crédibilité
puisqu'il est aujourd'hui la risée de nombreux Espagnols et d'une bonne partie
de la profession.
Libellés :
El País,
Espagne,
Hugo Chávez,
journalisme,
scoop
mercredi 23 janvier 2013
Décès du photojournaliste Enrique Meneses
De la guerre de Suez à la révolution cubaine, de l'Afrique à la marche pour les droits civiques à Washington, de l’Inde à Sarajevo, le journaliste et photographe espagnol Enrique Meneses a parcouru le monde. Travailleur passionné et infatigable, celui que nombre de jeunes journalistes saluent comme un modèle et un maître est décédé le 6 janvier 2013 à l'âge de 83 ans.
« Je suis né dans une rédaction »
Enrique Meneses est né à Madrid en 1929. Son père, également journaliste,
crée plusieurs journaux en Espagne. En 1936, la famille émigre en France où le
père fonde une agence de presse. C'est donc dès son plus jeune âge qu'il baigne
dans la profession. Une passion qui ne le quittera plus. « Je n'ai pas
arrêté d'écrire un seul jour depuis que j'ai 15 ans », déclare-t-il dans
une interview à El País en 2011. En 1945 la famille rentre en
Espagne après un passage par le Portugal.
En 1947, alors qu'il n'a que 17 ans, Enrique Meneses réalise son premier
reportage sur la mort du célèbre torero Manolete puis suit des études de
journalisme avant d'obtenir son diplôme en 1952. Ce qui ne l'empêchera pas de
déclarer bien des années plus tard que la seule université valable « est
celle de la rue ». Car Meneses est un homme de terrain, de rencontres, un
amoureux de la vie et des autres, pour qui le métier de journaliste se compose
à « 70 % de patience, 20 % de professionnalisme et 10 % de chance ».
« De l'encre dans les veines... avec un peu de whisky »
C'est presque par hasard qu'Enrique Meneses se lance dans le photoreportage.
Nous sommes dans les années cinquante et il collabore à différents journaux.
Mais « les médias hispanophones paient tellement mal » qu'il décide de
continuer à exercer son métier en se servant d'un appareil photo, car « la
photographie n'a pas besoin de traduction ». Cela lui permet de vendre son
travail dans le monde entier, notamment grâce aux agents qui le représentent en
Espagne, en France, en Grande Bretagne, aux États-Unis... Mais il n'arrête pas
d'écrire pour autant. En plus de son appareil, il a toujours avec lui des
carnets dans lesquels il note tout et un magnétophone pour les interviews.
En 1954, il se lance dans un périple de plusieurs mois qui le mène à travers
l'Afrique, du Caire au Cap. Puis, en octobre 1956, il est le seul journaliste
occidental à couvrir la guerre de Suez du côté égyptien.
L'année suivante, il est encore le premier à couvrir la révolution cubaine. Il passe plusieurs mois dans la Sierra Maestra aux
côtés des guérilleros et ses photos, que Paris Match publie dans trois
numéros consécutifs, vont faire le tour du monde. Des photos qui auraient bien
pu ne jamais voir le jour. Meneses monte un petit laboratoire clandestin pour
développer ses films. Puis il coud les négatifs et une cinquantaine de
feuillets dans les jupons d'une jeune cubaine, Pilar Ferrer. « Je n'avais
laissé de la place qu'au niveau des fesses pour qu'elle puisse s'asseoir dans
l'avion. » La publication de ces photos lui vaudra d'être expulsé de l'île
mais fera connaître au monde entier la lutte que mènent les barbudos contre
le dictateur Batista. « Avant que Meneses ne publie ses reportages, personne
au monde ne savait qu'il y avait une révolution à Cuba », écrira Ernesto
Che Guevara dans ses mémoires.
En 1962, Il est à Washington pour suivre la marche pour les droitsciviques organisée par Martin Luther King. Il photographie également l'inscription de la première étudiante noire à l'universitéd'Alabama.
Des années soixante aux années quatre-vingt dix, il crée ou dirige des
agences de presse (Delta Press, Fotopress, Videopress), des revues (Les éditions
espagnoles de Lui et de Playboy, Los aventureros), des
émissions de télévision et de radio (« A toda plana », « Los reporteros », «
Robinson en África »), pratique la photographie de nu... Enrique Meneses ne
s'arrête jamais. C'est un passionné, un touche-à-tout qui se renouvelle sans
cesse, un aventurier. En 1993, il se trouve à Sarajevo pendant le
siège de la ville. Pour s'y rendre, il a menti à sa famille et prétexté qu'il
partait faire un safari au Kenya.
« De la génération Magnum à la génération 2.0 »
« C'était mieux avant », très peu pour lui. Enrique Meneses a toujours su
s'adapter aux nouvelles formes de journalisme et aux nouvelles technologies. « L'avenir, ce sont les blogueurs », déclare-t-il dansune interview accordée au magazine Jot Down en 2012. Rien d'étonnant, donc,
à ce que nombre de journalistes ayant l'âge d'être ses petits enfants le
considèrent comme un maître et lui rendent hommage.
Sur Twitter, Juan Luis Sánchez, cofondateur de eldiario.es, écrit : « Un blog, Twitter, podcast, ses
meilleures photos sur Flickr, une télévision sur Internet. 82 ans ».
Dans l'hommage qu'elle lui rend sur son blog, Lola Hierro
s'adresse à lui dans ces termes : « À 83 ans, tu étais le plus jeune de mes
amis ».
Enrique Meneses n'aimait guère que des confrères des générations suivantes
le considèrent comme un « maître ». C'est pourtant ce qu'il restera pour
nombre d'entre eux. Un modèle. Non seulement sur le plan professionnel mais
aussi d'humanité, d'audace et de simplicité. Il laisse derrière lui plus de 15
000 négatifs, des centaines d'heures de reportages, et plusieurs livres dont
ses mémoires, Hasta aquí hemos llegado.
CIEN MIRADAS de Enrique Meneses from Rosa Jiménez Cano on Vimeo.
Libellés :
Enrique Meneses,
Espagne,
journalisme,
photographie,
photojournalisme
mercredi 2 janvier 2013
Bonne année, bon marronnier !
Le Nouvel Observateur commence l'année en beauté, avec le marronnier des marronniers : les francs-maçons.
Libellés :
marronnier,
Nouvel Obs
mercredi 12 septembre 2012
Espagne : Youtube censure une vidéo sur demande du gouvernement
Le 13 juillet 2012, des milliers de manifestants protestaient dans de nombreuses villes d'Espagne contre les mesures d'austérité (hausse de la TVA, gel des salaires, suppression de la prime de Noël pour les fonctionnaires...), notamment devant les sièges locaux du PP.
À Barcelone, Sergi García, un jeune de 33 ans, participe à la manifestation. Il reconnait avoir perdu son calme quelques instants et avoir insultés des policiers présents, ce qu'il dit regretter (El País, 27 août 2012). Puis il jette deux œufs contre le siège du PP. Vers 23 h 30 (environ 3 heures après les faits), alors que la manifestation est terminée, Sergi rejoint la station de métro pour rentrer chez lui. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il a été suivi par un policier en civil. Cinq Mossos d'Esquadra (agents de la police catalane) se jettent sur lui et, selon ses déclarations, le frappent.
Sergi passera 36 heures en garde à vue, on lui interdira de prévenir sa compagne puis il passera devant le juge avant d'être remis en liberté. Les policiers l'accusent de les avoir insultés pendant 15 minutes, d'avoir endommagé un véhicule de police, d'avoir jeté de la peinture contre le siège du PP, d'avoir résisté lors de son arrestation... ce qu'il nie. Lui accuse les policiers de coups et blessures, ce que deux consultations médicales (une à l'hôpital durant sa garde à vue puis une autre auprès de la Croix Rouge à l'issue de celle-ci) et, selon son avocate, huit témoins confirment. Sergi présente des lésions au cou, au visage, à un bras, à la nuque, etc.
À Barcelone, Sergi García, un jeune de 33 ans, participe à la manifestation. Il reconnait avoir perdu son calme quelques instants et avoir insultés des policiers présents, ce qu'il dit regretter (El País, 27 août 2012). Puis il jette deux œufs contre le siège du PP. Vers 23 h 30 (environ 3 heures après les faits), alors que la manifestation est terminée, Sergi rejoint la station de métro pour rentrer chez lui. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il a été suivi par un policier en civil. Cinq Mossos d'Esquadra (agents de la police catalane) se jettent sur lui et, selon ses déclarations, le frappent.
Sergi passera 36 heures en garde à vue, on lui interdira de prévenir sa compagne puis il passera devant le juge avant d'être remis en liberté. Les policiers l'accusent de les avoir insultés pendant 15 minutes, d'avoir endommagé un véhicule de police, d'avoir jeté de la peinture contre le siège du PP, d'avoir résisté lors de son arrestation... ce qu'il nie. Lui accuse les policiers de coups et blessures, ce que deux consultations médicales (une à l'hôpital durant sa garde à vue puis une autre auprès de la Croix Rouge à l'issue de celle-ci) et, selon son avocate, huit témoins confirment. Sergi présente des lésions au cou, au visage, à un bras, à la nuque, etc.
Le lendemain, des membres de la sous-commission audiovisuelle du mouvement du 15-M de Barcelone lui proposent de filmer son témoignage. Sur Youtube, cette vidéo a été vue plus de 190 000 fois.
Mais, depuis aujourd'hui, lorsque les internautes espagnols souhaitent la visionner, ils tombent là-dessus :
MÁXIMA DIFUSIÓN con el ht #holacensura Censurado un vídeo de violencia policial youtube.com/watch?v=pgNAns… twitter.com/15Mbcn_tv/stat…
— 15Mbcn.tv (@15Mbcn_tv) September 12, 2012
"Ce contenu n'est pas disponible dans votre pays suite à une demande de suppression du gouvernement."
Bien évidemment, chaque fois qu'un site supprime un contenu, cela engendre immédiatement l'effet Streisand et ledit contenu se multiplie comme des petits pains. En Espagne, le hashtag #holacensura est devenu en quelques heures l'un des plus populaires sur Twitter et des centaines (des milliers ?) de personnes sont en train de partager cette vidéo. En cherchant à faire disparaître un document au motif qu'il « portait atteinte à la sécurité des membres des Mossos d'Esquadra », les autorités espagnoles ont obtenu exactement le contraire de ce qu'elles souhaitaient : une diffusion incroyable.
samedi 21 juillet 2012
Enlèvement d'enfants : condamnation en Argentine et impunité du franquisme en Espagne
Traduction de l'article de Fèlix Martínez paru sur eldiario.es.
La condamnation à 50 ans de prison du dictateur argentin Jorge Rafael Videla pour le programme d'enlèvement des enfants des dissidentes politiques, qui étaient torturées ou assassinées à l'École supérieure de Mécanique de l'Armée (ESMA) durant la dictature militaire entre 1976 et 1983, a de nouveau mis en évidence l'existence en Espagne d'un pacte pour que les crimes contre l'humanité commis sous le franquisme restent impunis.
Entre le coup d'État du général Francisco Franco en 1936 et la fin de la dictature à sa mort en 1975, plus de 30 000 enfants ont été enlevés aux prisonnières politiques, pour les mêmes raisons et avec les mêmes techniques que celles utilisées par la junte militaire argentine.
Mais tandis qu'en Argentine, l'abrogation des lois du Point final par le précédent président Néstor Kirchner, aujourd'hui décédé, a permis de juger les responsables de crimes contre l'humanité durant la dictature, en Espagne, où le programme de disparition d'enfants a survécu à Franco, et s'est même prolongé jusque dans les années quatre-vingt-dix, le pacte pour occulter ces crimes et ne pas poursuivre les responsables est toujours en vigueur.
La seule tentative pour poursuivre les crimes du franquisme qui a été faite en Espagne, celle de l'ancien juge de l'Audience nationale Baltasar Garzón, a conduit à sa suspension, alors même qu'il avait déjà abandonné l'affaire en raison des pressions du ministère public et du gouvernement, suite à une plainte déposée par le groupe d'extrême droite Manos Limpias. Garzón n'exercera plus puisque, alors qu'il était suspendu à cause de l'affaire sur le franquisme, il a été condamné à une interdiction définitive d'exercer pour ce que le Tribunal suprême a jugé comme une atteinte aux droits fondamentaux pendant l'instruction de l'affaire Gürtel. Quelques jours après cette condamnation, l'accusation contre Garzón pour avoir poursuivi les crimes du franquisme était classée. Mais le magistrat avait déjà payé le prix pour avoir essayé d'envoyer sur le banc des accusés les responsables des crimes contre l'humanité commis pendant la dictature.
Le 26 juin dernier, tout le monde a pu voir en direct à la télévision la lecture publique du jugement de la Cour suprême argentine qui a condamné Videla à 50 ans de prison pour l'enlèvement d'enfants. Il purgeait déjà une peine de prison à perpétuité pour les autres crimes commis durant la dernière dictature.
Videla a assisté impassible à la lecture de la sentence. Un autre des accusés, Reynaldo Bignone, qui a également dirigé la junte militaire, s'est évanoui en entendant la présidente du tribunal le déclarer coupable lui aussi.
Ce dernier n'a été condamné qu'à 15 ans de prison car le nombre d'enfants enlevés était beaucoup moins important que celui attribué à Videla, auquel on a pu en imputer 34 seulement. La lecture du jugement contre Videla par la magistrate a provoqué une explosion de joie générale, tant dans la salle que dans les rues de Buenos Aires. La sentence a été reçue comme une reconnaissance et une réparation pour les victimes, en particulier par les Mères et, surtout, les Grands-mères de la Place de Mai.
Le cas espagnol, celui des enfants volés du franquisme, est un épisode pratiquement inconnu jusqu'en 2000. Cette année-là, la chaîne publique catalane TV3 a diffusé dans le magazine 30 minuts un documentaire intitulé Els nens perduts del franquisme (Les enfants perdus du franquisme), réalisé par les journalistes Ricard Belis et Montse Armengou et l'historien Ricard Vinyes.
Le documentaire a par la suite donné un livre, Les enfants perdus du franquisme (1), comprenant le travail d'enquête et la documentation qui prouvaient les thèses de Vinyes : le franquisme avait dès le début élaboré un plan systématique d'extermination des marxistes, qu'il considérait comme des êtres inférieurs, lequel ne se limita pas à la guerre et perdura tout au long de la dictature.
Le concepteur de cette atrocité fut le psychiatre militaire Antonio Vallejo-Nájera, un philo-nazi convaincu de la nécessité d'exterminer la « sous-espèce » que formaient les « rouges ». Son fort ascendant sur Franco lui permit de mettre son plan à exécution après avoir été nommé chef des Services de Psychiatrie de l'Armée.
En 1938, Vallejo-Nájera avait dirigé une étude sur les prisonniers de guerre républicains pour déterminer quelle malformation conduisait au marxisme. D'après les recherches de Vinyes, le plan a été en vigueur durant toute la dictature, bien que Vallejo-Nájera soit mort en 1960. Et il a même survécu à Franco même si, après les premières années de la Transition, son but était seulement économique.
Le travail fondamental de Belis et Armengou dans le documentaire a été de recueillir le témoignage de femmes encore vivantes qui avaient été victimes du plan de Vallejo-Nájera. Ils y sont parvenus en retrouvant plusieurs femmes dont les nouveau-nés avaient été enlevés avec la complicité de la Phalange et de l'Église catholique, lesquelles ont jusqu'à présent systématiquement refusé de délivrer l'information qu'elles possèdent à ce sujet dans leurs archives. Le résultat est une suite de témoignages déchirants.
Les témoignages contenus dans le documentaire ont eu un tel impact que le juge Garzón a abondamment cité le livre Les enfants perdus du franquisme dans l'arrêt dans lequel il a rejeté les allégations de certains défenseurs et du ministère public contre sa décision d'enquêter sur toutes les affaires de détention illégale de nouveau-nés sous le franquisme, avec la complicité de l'Église catholique et de la Phalange.
L'arrêt de Garzón est tout récent puisqu'il date du 11 novembre 2008. Dans ce long document de 152 pages, il déclare que même si les présumés coupables sont décédés, il convient d'enquêter non seulement pour déterminer qui a collaboré, à quel degré et si quelqu'un est encore vivant, mais aussi pour récupérer l'information retenue par la Phalange et l'Église et ainsi pouvoir réparer partiellement le mal fait aux victimes.
Ricard Vinyes lui-même - qui a ensuite publié un essai intitulé Irredentas sur l'enlèvement d'enfants, lui aussi abondamment cité par Garzón dans son arrêt du 18 novembre 2008 - a été un des plus enthousiastes défenseurs de la tentative de l'ex-magistrat d'éclaircir cette sinistre conspiration par la voie judiciaire.
Finalement, les pressions sont devenues insupportables pour Garzón qui a été contraint d'abandonner l'affaire, même s'il l'a transmise aux juges ordinaires des différentes villes où les délits auraient eu lieu. Malgré son abandon, les pouvoirs factuels qui étaient derrière les pressions pour qu'il abandonne l'affaire, et qui comprennent la majorité du parlement espagnol, ont décidé que le magistrat ne pouvait rester impuni.
Il a été suspendu à cause de cette affaire, mais c'est pour une autre moins honteuse sur le plan international, bien que tout aussi scandaleuse, qu'il a été condamné. Le juge qui a initié l'affaire Gürtel de corruption généralisée dans les administrations contrôlées par le PP, principalement les Communautés de Madrid et de Valence, a été condamné bien avant les accusés, contre lesquels il existe des indices plus que probants.
Cependant, les représailles contre Garzón semblent avoir eu l'effet contraire à celui recherché. Tout d'abord, les essais et les enquêtes historiques bien documentées sur l'enlèvement de bébés des prisonnières politiques du franquisme ont proliféré. Jusqu'à ce qui semble être l'ouvrage qui prouve de façon définitive le caractère systématique du plan d'extermination des dissidents politiques, El Holocausto español, publié l'année dernière par le prestigieux hispaniste de la London School of Economics, Paul Preston.
Le célèbre biographe de Franco explique que, dès le début du coup d'État du 18 juillet 1936, les militaires insurgés étaient déterminés à exterminer les militants de gauche et ceux qu'ils considéraient comme des sous-humains. Le plan de Vallejo-Nájera pour l'enlèvement des bébés des prisonnières rouges faisait partie de l'expérience générale pour éradiquer le marxisme, l'ouvriérisme et tous ceux qui défendaient ce type d'idées.
Les victimes de ces vols d'enfants semblent également avoir réuni assez de courage pour réclamer devant les tribunaux que cette affaire soit définitivement éclaircie. Et, même si les victimes politiques du franquisme savent que l'enquête n'aboutira pas, ceux qui ont vu leurs bébés enlevés après la mort du dictateur pour des raisons économiques et religieuses ont obtenu la condamnation d'un médecin et d'une religieuse.
Mais ce qui referme définitivement le cercle du parallèle entre les cas argentin et espagnol, c'est ce terme : « Plan systématique ». Il a été employé par les historiens, de Vinyes à Preston, par le juge Garzón, par la Cour suprême argentine et même par les condamnés.
En Argentine, le lien entre le franquisme et la dictature est très clair. Franco a été un modèle pour Juan Domingo Perón alors qu'il était en exil à Madrid. À son retour en Argentine et après sa victoire aux élections présidentielles de 1973, il était évident pour lui que son modèle d'État était le franquisme. La répression brutale contre la gauche a commencé sous son mandat, sous les ordres de l'obscurantiste José López Rega, chargé d'organiser le terrorisme d'État grâce à l'Alliance anticommuniste argentine, la Triple A.
C'est précisément la méfiance des militaires envers López Rega et Isabel Martínez de Perón, qui a succédé au général à la tête du pays à sa mort en 1975, qui a précipité le coup d'État de 1976. La junte militaire considérait que la paranoïa de López Rega et son appareil para-étatique ne faisaient que retarder les plans de Perón. Plans qui devaient être menés à bien directement par la structure de l'État.
(1) Les enfants perdus du franquisme, Aden Éditions, traduit par Angeles Muñoz
_______________
Fèlix Martínez est journaliste et écrivain. Il a collaboré à Cinco Días, Avui, El Mundo, Público, La Vanguardia, La Gaceta. En 2007, il a reçu le prix de journalisme de la Ville de Barcelone pour un travail d'enquête qui a conduit à la localisation et à l'arrestation en Espagne de Rodolfo Almirón, chef de la Triple A, et entraîné son extradition en Argentine, où il est mort en détention. Il collabore aujourd'hui à eldiario.es. Il est également l'auteur de plusieurs livres. Site personnel : www.felixmartinez.net
Fèlix Martínez est journaliste et écrivain. Il a collaboré à Cinco Días, Avui, El Mundo, Público, La Vanguardia, La Gaceta. En 2007, il a reçu le prix de journalisme de la Ville de Barcelone pour un travail d'enquête qui a conduit à la localisation et à l'arrestation en Espagne de Rodolfo Almirón, chef de la Triple A, et entraîné son extradition en Argentine, où il est mort en détention. Il collabore aujourd'hui à eldiario.es. Il est également l'auteur de plusieurs livres. Site personnel : www.felixmartinez.net
Libellés :
Argentine,
dictature,
eldiario.es,
Espagne,
Fèlix Martínez,
Franco,
franquisme,
Videla
mardi 17 juillet 2012
Madrid : une femme grièvement blessée par la police
Mercredi 11 juillet, alors que les mineurs achevaient leur marche à Madrid, des milliers de personnes descendaient dans la rue pour les soutenir et manifester. Des affrontements ont eu lieu avec la police, qui n'a pas hésité à charger, matraquer et tirer au Flash-Ball.
De nombreuses images ont rapidement fait le tour du monde, comme celle de cette jeune femme la tête en sang.
Mais une autre photographie était largement diffusée et provoquait l'indignation des internautes : une enfant aurait été blessée par une balle en caoutchouc.
José Manuel Sánchez Fornet, secrétaire général du SUP (Syndicat unifié de la Police) répondait à cette indignation par un message on ne peut plus clair sur son compte Twitter :
Mais étrangement, aucune information ne circulait sur l'identité, l'âge ni l'état de la victime.
Selon le journal Diagonal, contacté par la famille, il ne s'agit pas d'une enfant mais d'une femme de 54 ans. Dans un état grave, elle souffrirait d'un pneumothorax et serait blessée au foie et aux reins. Sa famille préfère ne pas dévoiler son identité pour l'instant mais a créé un compte Twitter pour recueillir des témoignages.
La vidéo qui suit a été réalisée lors de cette manifestation et la montre étendue par terre, après avoir été touchée, inconsciente.
(1) Unités d'Intervention de la Police : équivalent espagnol des CRS.
« JE SOUTIENS L'ACTION DE L'UIP (1). C'est clair ? »La réaction ne se faisait pas attendre et un montage de la photo et du tweet du policier parcourait à son tour Internet.
Mais étrangement, aucune information ne circulait sur l'identité, l'âge ni l'état de la victime.
Selon le journal Diagonal, contacté par la famille, il ne s'agit pas d'une enfant mais d'une femme de 54 ans. Dans un état grave, elle souffrirait d'un pneumothorax et serait blessée au foie et aux reins. Sa famille préfère ne pas dévoiler son identité pour l'instant mais a créé un compte Twitter pour recueillir des témoignages.
La vidéo qui suit a été réalisée lors de cette manifestation et la montre étendue par terre, après avoir été touchée, inconsciente.
(1) Unités d'Intervention de la Police : équivalent espagnol des CRS.
Libellés :
Diagonal,
Espagne,
Flash-Ball,
Madrid,
manifestation,
police
lundi 16 juillet 2012
La police charge après la marche des mineurs à Madrid
Traduction de l'article de Juan Luis Sánchez et Héctor Juanatey paru le mercredi 11 juillet sur eldiario.es.
Des balles en caoutchouc, des familles qui courent, des enfants qui pleurent, des bousculades pour se réfugier dans les commerces voisins et au moins neuf interpellations. La marche des mineurs de ce soir, la troisième en 24 heures à Madrid, qui est partie d'Atocha à 19 h 30, s'est terminée soudainement à 22 heures quand la police a chargé avec force contre les milliers de personnes qui se trouvaient à la Puerta del Sol. Quinze minutes plus tôt, les mineurs avaient commencé à se retirer après avoir demandé par mégaphone que le rassemblement se disperse pacifiquement. Immédiatement après, avec les pétards qui ont accompagné la marche des mineurs depuis leur arrivée à Madrid en bruit de fond, les policiers antiémeutes ont commencé à enfiler gants et casques. Et la charge a commencé.
Cris, bousculades, coups, poubelles incendiées. La tension s'est étendue à tout le centre de Madrid : Callao, Gran Vía, Carretas... Les gens ne savaient pas où aller. Pendant ce temps, la police évacuait la Puerta del Sol et, pendant quelques minutes, n'a laissé passer personne.
Les gens se réfugiaient dans les commerces proches, d'où ils observaient les courses et les charges continues de la police.
Puis la circulation a été rouverte, avec beaucoup moins de monde. De Tirso de Molina à Callao, c'était un véritable chaos, survolé en permanence par les hélicoptères, sous les yeux ébahis des touristes assis aux terrasses de la Gran Vía, qui observaient stupéfaits les allées et venues des véhicules de police et des ambulances.
| Incendie dans la rue Preciados (cc Juan Luis Sánchez) |
| Incendie devant un magasin de la Gran Vía à la hauteur de Callao (cc Juan Luis Sánchez) |
La journée s'est terminée comme elle a commencé, avec les charges de la police après les manifestations, après l'intense mais pacifique journée d'hier. Car avant l'évacuation de Sol de cette nuit, on a revécu des moments émouvants, comme le célèbre « Santa Bárbara », chanté par les personnes réunies sur la place.
Puis il y a eu des cantiques, comme le « Canto a la Libertad », de Labordeta, sous l’œil attentif de la police, qui a commencé à se retirer peu avant 23 heures.
C'était le deuxième affrontement du jour entre la police et les manifestants qui accompagnaient les mineurs. Le matin, la manifestation devant le ministère de l'Industrie s'était terminée par une bataille dans l'avenue de La Castellana, où les pierres et les balles de caoutchouc ont volé pendant au moins une heure.
En tête de la manifestation, autour de la scène montée par les syndicats, des discours et des applaudissements.
En tête de la manifestation, autour de la scène montée par les syndicats, des discours et des applaudissements.
| La Castellana avant les charges de la police (cc Juan Luis Sánchez) |
À l'arrière, la situation commençait à être tendue.
La plupart des mineurs et des représentants syndicaux qui les accompagnaient ont maintenant quitté Madrid, mais ils ont laissé derrière eux un changement d'atmosphère.
____________________
____________________
Juan Luis Sánchez est journaliste. Sous-directeur de eldiario.es, il a été cofondateur de Periodismo Humano. Il a réalisé des reportages au Maroc, au Kosovo, au Sahara et en Espagne. Sa couverture de l'éclosion du mouvement du 15M a été publié dans de nombreux médias espagnols et internationaux, comme le New York Times ou The Washington Post. Site personnel : www.juanlusanchez.com
Héctor Juanatey est journaliste et blogueur. Il a travaillé à La Voz de Galicia, Público et La Sexta. Blog : www.encontraportada.com
Libellés :
eldiario.es,
Espagne,
Héctor Juanatey,
Juan Luis Sánchez,
Madrid,
manifestation,
police
samedi 2 juin 2012
Lostine transleillechione
Pour qui n'est pas traducteur et a seulement besoin de comprendre le mode d'emploi de son nouvel autoradio, un logiciel de traduction automatique peut parfois s'avérer fort utile. Attention cependant à ne pas accorder une confiance absolue à ces outils. Une machine ne remplacera jamais un humain.
Libellés :
Traduction
lundi 28 mai 2012
Fallait oser #2
Le Nouvel Observateur n° 2481 du 24 mai 2012 consacrait un dossier au baclofène, un médicament prescrit depuis les années 1970 pour soigner les courbatures. Depuis quelques années, des médecins ont emboîté le pas au Docteur Olivier Ameisen et le prescrivent désormais pour soigner l'addiction à l'alcool, avec une « efficacité inhabituelle ». L'hebdomadaire en a même fait sa une :
Est-ce pour inciter les lecteurs à tester aux-mêmes l'efficacité du « remède miracle » que l'Obs a choisi cette publicité pour sa quatrième de couverture ?
Libellés :
Fallait oser,
Nouvel Obs
lundi 16 avril 2012
Fallait oser
Jeudi 12 avril 2012, le célèbre avocat pénaliste Éric Dupond-Moretti était invité dans l'émission "C à vous" sur France 5 pour présenter son livre Bête noire (Michel Lafon, 2012).
Petite transcription du début de l'interview :
Patrick Cohen :
Vous dédiez ce livre à vos enfants en espérant qu'ils n'auront jamais affaire à la justice.
Éric Dupond-Moretti :
Je ne souhaite pas à mes enfants qu'ils aient un jour affaire à la justice. (...) La justice, c'est parfois merveilleusement humain mais parfois terriblement humain. Quand c'est terriblement humain, ça laisse des traces qui sont ensuite très difficiles à effacer.
Quand soudain... la présentatrice croit bon d'intervenir :
Alessandra Sublet :
On n'arrive pas devant la justice par hasard non plus.
Et voilà. La petite phrase est lâchée. Il n'y a pas de fumée sans feu, c'est bien connu.
Éric Dupond-Moretti :
On y arrive parfois parce qu'on est accusé à tort. (...)
Patrick Cohen :
Des innocents condamnés à tort... on pense évidemment au scandale d'Outreau.
Il faut croire que ce n'est pas « évident » pour tout le monde. Quant à Roselyne Godard, l'une des acquittées d'Outreau, défendue par Éric Dupond-Moretti, elle a dû être ravie d'apprendre que si elle a passé 16 mois en prison, ce n'est pas « par hasard ».
Pour revoir l'émission : http://www.france5.fr/c-a-vous/?page=videos&integrale=1898
Et voilà. La petite phrase est lâchée. Il n'y a pas de fumée sans feu, c'est bien connu.
Éric Dupond-Moretti :
On y arrive parfois parce qu'on est accusé à tort. (...)
Patrick Cohen :
Des innocents condamnés à tort... on pense évidemment au scandale d'Outreau.
Il faut croire que ce n'est pas « évident » pour tout le monde. Quant à Roselyne Godard, l'une des acquittées d'Outreau, défendue par Éric Dupond-Moretti, elle a dû être ravie d'apprendre que si elle a passé 16 mois en prison, ce n'est pas « par hasard ».
Pour revoir l'émission : http://www.france5.fr/c-a-vous/?page=videos&integrale=1898
Libellés :
Fallait oser,
France 5
Inscription à :
Articles (Atom)

















